Plus facile qu’on ne le pense d’investir responsable – Dr Leber, Acatis

L’Europe doit renforcer son leadership environnemental. Un jour ou l’autre, les nations récalcitrantes s’y mettront, bon gré mal gré. Autant imposer les normes aux autres que de se les laisser imposer. Ce n’est pas une guerre mais un enjeu quotidien.

Les changements climatiques ont toujours eu des effets dévastateurs en termes de politique, que ce soit en tant que cause possible des migrations, de la guerre de Cent Ans, de la guerre de Trente Ans, de la Révolution française ou de l’émigration irlandaise de masse, etc. La plus récente vague de réfugiés issus du Proche-Orient n’aurait sûrement pas eu lieu s’ils avaient pu trouver suffisamment à se nourrir.

Il est certes possible d’imaginer un monde sans ours polaires ni manchots, mais cela impliquerait de devoir cohabiter dans un espace encore plus étroit et s’habituer à des étés chauds, des champs desséchés et de nombreux nouveaux arrivants issus de pays lointains. 

Il serait facile pour des personnes rationnelles qui réfléchissent sur le long terme de concevoir un programme pour sauver le climat mondial. 

Un tel concept pourrait prévoir par exemple de saisir non la moitié mais la totalité des émissions de CO2 en Europe et de réduire le total plus rapidement que les 2,2 % par an actuellement prévus. Pourquoi l’essence, le fuel, les cimenteries ou l’agriculture ne seraient-ils pas également concernés par le règlement sur les émissions de CO2 ? Le marché découvrira par lui-même la forme d’énergie qui s’imposera à la fin. 

Chercher des solutions seulement à l’échelle européenne n’est pas pertinent car les problèmes majeurs se posent actuellement sur les marchés émergents et aux États-Unis qui doivent absolument être impliqués dans la recherche de solutions. La politique commerciale chaotique menée par Donald Trump montre en revanche qu’il y a toujours la possibilité de s’imposer tant que l’Ouest conserve les cartes en main.

Recommandations pour la politique européenne :

1. Définir un objectif atteignable de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2050 (par exemple 90 %).

2. Prendre en compte toutes les sources de gaz à effet de serre et calculer la réduction annuelle (par exemple 7,2 % par an).

3. Obliger tous les émetteurs de gaz à effet de serre à acheter des droits d’émission (en Allemagne env. 20 milliards d’euros par an – 800 millions de tonnes à 25 euros)

4. Supprimer, en contrepartie, tous les impôts et contributions en vigueur en matière d’énergie (impôt sur les huiles minérales,  contribution EEG).

5. Utiliser les revenus issus de la vente des droits d’émission afin de combler les pertes de revenus générés et soutenir des projets nationaux (par exemple le reboisement, les infrastructures énergétiques).

6. Ne pas intervenir de manière dirigiste, le marché régule le reste.

La méthode pragmatique suivante est destinée aux citoyens plutôt activistes : pour chaque citoyen allemand, construire une capacité en cellules photovoltaïques de 1 kW au bord des autoroutes, installer 1 kW de puissance en énergie éolienne sur les toits des maisons allemandes, et planter 1000 arbres. À raison de 3000 euros par tête, l’Allemagne dépasserait la neutralité climatique, ce qui représente 250 milliards d’euros. Nous avons déjà dépensé de l’argent pour des sujets plus futiles.

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Marie Ballorain
A propos de Marie Ballorain 20 Articles
Diplômée de l’ESSEC, Marie Ballorain est en charge du développement pour la France, la Belgique, Monaco et le Luxembourg francophone chez Acatis Investment, société de gestion value allemande indépendante créée en 1994.

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