Découvrez une expertise de gestion thématique ! – Nathalie Renson

Par ces temps marqués par le retour de la volatilité, le secteur de la santé et son caractère défensif sont à regarder de près. Notamment, au mois de mai, au sein du S&P 500, la santé est restée “flat” dans un marché qui faisait -5,3 % (Cf. notre article du 03/06). Sectoral AM est spécialisée sur la thématique santé. Nous les avons rencontrés…

Le secteur de la santé a affiché une performance annualisée de 11,7% depuis 1990. Ce n’est pas The
Daily Finance qui le dit, mais la société de gestion Sectoral AM spécialisée dans le secteur de la santé
depuis 2000, qui présentait sa stratégie « global healthcare ». Ceci place le secteur santé en
deuxième position, juste derrière le secteur IT. Cette rentabilité est donc supérieure de 200bp, aux
9,7% annualisés du S&P sur la même période. Autre argument de poids : la volatilité du secteur santé est comparable à celle des biens de consommation et des utilities. Alors que le secteur IT affiche la volatilité la plus élevée. Le secteur de la santé a donc un ratio de Sharpe élevé sur longue période.

Les raisons de la résilience de ce secteur économique sont profondes. Elles reposent sur l’évolution
démographique, l’innovation technologique et les brevets. Après avoir souvent provoqué la
déception des investisseurs, les brevets jouent de nouveau leur rôle de protection industrielle et
offrent une saine compensation pour les risques pris par les industriels. Les innovations touchent
tous les sous-secteurs de la santé : biotechs, pharma, medtech, services. Selon Stephan Patten, CFA,
CIO des investissements cotés de Sectoral AM, l’innovation agit comme un fabuleux moteur pour le
secteur, en créant des marchés de tailles multi-milliardaires.

Le vieillissement de la population provoque autant de nouvelles pathologies lourdes à soigner. La
population mondiale des plus de 65 ans va augmenter de 156% entre 2015 et 2050, pour atteindre
900 millions d’individus. Cela coûte 4 fois plus cher de traiter une personne de plus de 65 ans qu’une
personne ayant entre 19 et 44 ans.

Autre facteur de développement important du marché mondial de la santé : les pays asiatiques et
émergents vont adresser une demande de soins fortement croissante aux professionnels de santé.
L’une des raisons est la progression de la part de la classe moyenne dans ces pays. La santé y est
considérée comme un bien « supérieur » et donc coûteux. La dépense santé va alors croître en
fonction de l’augmentation du niveau de vie. On parle alors d’un marché potentiel de 700 Mds USD.

Pourtant, le marché des médicaments a subi de fortes pressions au cours des dernières années, en
raison du renforcement des génériques. Les dépenses de santé font l’objet d’une surveillance
permanente par les autorités de nombreux pays. Le plan Obama Care a subi d’importants vents
contraires. Toutefois, les dépenses de médicaments de prescriptions ne représentent que 9,5% de la
dépense totale de santé en 2017. Le premier poste de dépenses en ce domaine reste de loin l’hôpital
avec 32,7%. Sur les marchés émergents, la baisse tendancielle du prix des médicaments rend plus
accessibles ces produits aux populations moins favorisées. Ceci contribue donc à une forte croissance
en volume du marché des médicaments, faisant plus que compenser la baisse en valeur.

Au-delà de ces tendances lourdes, chaque sous-secteur de la santé possède ses propres facteurs de
développement. Ainsi la pharmacie est marquée par une augmentation de la productivité de ses
process de R&D. Les marchés émergents apportent de la croissance. Même si les prix des
médicaments sont plus sous pression, le taux de croissance en volume compense amplement le
ralentissement de la croissance des prix. Sur les marchés développés, la croissance proviendra des
nouveaux traitements. Les facteurs essentiels pour les biotechs sont le pipeline et les opportunités
de M&A. Ces entreprises font effectivement levier sur le séquençage du génome. Après s’être
attachées à traiter les symptômes, elles sont à présent capables de traiter les pathologies elles-mêmes. Les retombées thérapeutiques étant importantes, la taille des marchés futurs le sera aussi.
Les medtechs, pour leur part, seront portées par la mise sur le marché des secondes générations de
produits, venant dynamiser le marché et renforcer la génération de cash-flows. Dans le domaine des
services, la demande est robuste en matière d’innovation. De la même façon, la perturbation des
modèles existants, permettant d’abaisser les coûts de santé est volontiers recherchée. Dans ce
domaine, l’expansion des marges se fait aussi grâce à une intégration verticale et à la consolidation
des acteurs.

Concrètement, quelle est la stratégie d’investissement mise en place par l’équipe de Stephan Patten
au sein de Sectoral AM ? Depuis 2000, date de la création de la société de gestion, l’indépendance et
la très haute technicité sont les principaux traits de l’équipe de gestion. A noter : Michaël Sjöström,
co-fondateur de Sectoral AM, était au préalable gérant d’une stratégie d’actions biotech globales
chez Pictet & Cie. Tous les membres de l’équipe Sectoral AM sont des scientifiques de formation,
ayant une grande séniorité et une double compétence en finance.

De façon à surveiller certaines évolutions scientifiques en amont, l’équipe fait appel à des
consultants externes indépendants. Ceux-ci leur fournissent des retours d’informations exclusifs. Ils
effectuent également des visites de sites ensembles. Visites se chiffrant d’ailleurs par plusieurs
centaines sur une année. La compréhension des sujets clés de la santé est donc exhaustive et doit
conduire à une parfaite connaissance des managements des sociétés et de leurs capacités à amener
un produit au marché.

Sur le terrain pharmaceutique, Sectoral va se concentrer sur la sélection des sociétés avec un
portefeuille d’actifs ayant une longue durée de vie, une bonne capacité à amener les produits
candidats des pipelines jusqu’au marché et une faible exposition à des déremboursements par les
systèmes de paiement. Rappelons que le coût des essais cliniques est de 1 Md USD pour un
médicament. Les projets en développement ont moins de 10% de chances d’arriver sur le marché.
D’où l’impérieuse nécessité d’estimer précisément les probabilités de réussite des projets en
pipeline. Parmi les acteurs génériques, les candidats potentiels à l’investissement doivent être
largement exposés aux émergents.

Pour les biotechs, l’équipe de Stephan Patten va s’attacher à retenir les entreprises ayant des
produits entrant dans un nouveau cycle, ainsi que celles susceptibles d’encaisser des milestones dans
les 12-18 prochains mois. Enfin, ils se concentrent sur les small et mid caps.

Dans le domaine des medtechs, les analystes et gérants vont rechercher des sociétés portant des
technologies émergentes susceptibles d’être adoptées par les leaders de cette industrie.
Enfin, ce sont les fournisseurs de services disruptifs qui vont susciter l’intérêt : création de valeur en
optimisant la mise à disposition des soins de santé, permettant un meilleur remboursement pour les
patients.

Les prévisions financières de l’équipe de gestion vont être fondées sur les données épidémiologiques
et démographiques pour les projets en stade préliminaire. La génération de chiffre d’affaires est le
point essentiel de ces prévisions faites par les analystes. Les méthodes de valorisations sont
classiques et multiples : DCF, P/E et EV/Sales. Des scénarios probabilistes sont appliqués pour refléter
les taux d’attrition. Les recommandations sont « achat » ou « vente » et ne sont jamais « neutres ».
La démarche de gestion est bottom-up. Le portefeuille est concentré et ne comporte que de 25 à 40
noms et peut-être caractérisé par un biais small et mid caps, quel que soit le sous-secteur
d’investissement.

L’équipe de gestion s’inspire également des dossiers en provenance du private equity, suivis par le
reste de l’équipe dédiée à cette classe d’actifs au sein de Sectoral AM. Les valeurs candidates à la
consolidation ne sont pas particulièrement recherchées lors de l’entrée en portefeuille. Toutefois,
comme le déclare Stéphane Patten, « les valeurs présentes dans le fonds ont d’excellents business
models qui attirent immanquablement les regards des acteurs de la consolidation sectorielle ».
Point important, le fonds Sectoral Global Healthcare est peu corrélé au Nasdaq, dans la mesure où
les valeurs présentes dans son portefeuille n’ont pas de points communs avec les GAFAM. Et les max
draw down sont moins importants dans le domaine de la santé que ceux observés pour le MSCI
World.

Ainsi, dans un contexte boursier qui pourrait être influencé par un ralentissement économique
mondial, la thématique santé est toujours intéressante à prendre en considération au titre de la diversification d’un portefeuille.

 

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Nathalie Renson
A propos de Nathalie Renson 37 Articles
En tant qu’investisseur sur les marchés financiers, Nathalie Renson est toujours en quête d’informations financières et souhaite les partager. C’est pourquoi elle contribue à The Daily Finance. Analyste equities au début de sa carrière, puis sur les marchés obligataires, Nathalie a ensuite géré plusieurs fonds en multigestion, notamment.

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