The central banks bashing – Pascal Bernachon, Allocations et Conseils

Pascal Bernachon nous propose son analyse de la communication et de la politique monétaire des banques centrales. Il en profite également pour rappeler aux investisseurs qu’ils doivent aussi penser au long terme lors de leurs prises de décisions.

De nombreux articles de presse, comme de nombreux commentateurs, s’inquiètent de la perte de crédibilité des principales banques centrales occidentales sur une politique monétaire jugée trop accommodante et ne produisant pas les effets escomptés.

Il est vrai que le Gouverneur de la banque du Japon ne peut que constater que des taux négatifs pendant de si longs mois n’ont, en rien, permis d’assister à un renforcement des prix finaux.

Critiques nombreuses donc émanant de différentes sources ou personnes si compétentes, mais qui ne poussent pas le raisonnement assez loin selon nous. A savoir que ces politiques monétaires accommodantes ne peuvent produire en partie leurs effets que si elles sont accompagnées de décisions émanant des politiques.

Des taux aussi bas devraient être mis à profit pour favoriser l’investissement de moyen terme, préparer la croissance de demain à travers des incitations fiscales ciblées. Si l’investissement est en croissance, il a le défaut parfois d’être un investissement de court terme qui ne prépare en rien les défis du monde de demain ou la ré-industrialisation de certains pays qui ont délaissé leur industrie manufacturière.

Nous avons même entendu certains prôner que la BCE devait devenir un « Hélicoptère Money » en distribuant ses surplus directement aux ménages. Belle idée qui, certes, doperait la consommation à court terme et donc le PIB des trimestres à venir, mais qui n’assurerait en rien le maintien d’une croissance durable.

Sans omettre le fait qu’à l’exemple de la France, tout surplus de consommation agit à hauteur de 70% sur nos importations. Faute de produits Made in France.

Nos banquiers centraux sont-ils donc trop généreux ?

Leur obsession de retour à une inflation normée autour de 2% justifie t-elle ces politiques? Non seulement, une inflation positive présente le bénéfice de réduire petit à petit le sur- endettement des Etats mais elle confirmerait la sortie réelle de la crise née de 2008, traduisant une réelle et durable hausse des salaires généralisée et le retour du Pricing Power des entreprises. Ce n’est pas le cas à ce jour.

Nous avons maintes fois évoqué le fait que la croissance de demain était disruptive en raison de nombreux facteurs et que, selon nous, elle s’inscrirait inévitablement proche de la croissance potentielle et pas plus. Un exemple est donné par les gains de productivité où les nouvelles technologies, difficilement quantifiables en la matière, faussent les méthodes de calcul de cette productivité.

Mais surtout, cette absence d’inflation, hors quelques poussées épisodiques, n’obère en rien le risque majeur d’un retour de la déflation, mère de tous les dangers.

Alors si le changement de ton de la Réserve Fédérale en début d’année en a surpris plus d’un, ouvrant la porte autant à un potentiel resserrement qu’à une baisse légère de son taux d’intervention, plus que critiquer, il faut une fois de plus saluer nos banquiers centraux qui nous ont évité le scénario du pire en 2008 et qui ont opté désormais pour le « fine tuning » plus que par des actes ou déclarations péremptoires.

Les investisseurs ne se satisfont pas de cette sorte de brouillard qui obscurcit le court terme mais n’est-il pas de leur devoir de se projeter dans le moyen terme comme ils aiment à le répéter à leurs souscripteurs ?

Un peu de patience, l’épuisement inévitable et déjà entamé des matières premières impactera les prix de production et créera l inflation. Nous regretterons probablement alors cette époque.

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Pascal Bernachon
A propos de Pascal Bernachon 5 Articles
Pascal Bernachon dispose d’une grande expérience dans la gestion d’actifs qu’il doit notamment à son parcours auprès de nombreuses banques et sociétés de gestion, que ce soit Barclays, Dresdner ou encore Richelieu Gestion. Richelieu Gestion où il était Directeur de la gestion et gérait en parallèle gérant de KBL Richelieu Flexible (SICAV) depuis mars 2011.

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