Voyons plus loin que le bout de notre nez – Dr Leber, Acatis

Le fonds Acatis Gané Value Event vient de franchir magistralement la barre des 3 Mds Eur d’actifs sous gestion. Beau succès que nous saluons. Cela n’empêche pas le Dr Leber de nous faire partager son impression selon laquelle les politiques ont un métro de retard par rapport à la vie économique et écologique qui, elle, avance vite !

 

De nombreux événements politiques sont difficilement explicables rationnellement ou théoriquement, car ces modèles exigent des acteurs agissant rationnellement. Ce que nous observons aux États-Unis ou en Grande-Bretagne ne semble pas rationnel. Nous n’en connaissons actuellement pas l’issue, mais nous supposons que les solutions n’auront pas de conséquences trop tragiques. Donald Trump parviendra sans doute à un règlement du différend commercial avec la Chine. On ne sait pas s’il parviendra également à s’entendre avec l’Europe. Cela dépend du refus de la France d’inclure les produits agricoles dans le débat. La Grande-Bretagne, en revanche, ne donne à l’heure actuelle aucun élément d’interprétation. La Chambre des communes nous présente des orateurs qui se complaisent dans leur propre éloquence et des votes qui montrent qu’il n’y a pas de majorité pour quoi que ce soit : ni pour la solution proposée par Mme May (accord) ni pour le contraire de la solution proposée (pas d’accord) ni pour toutes les solutions mixtes (par exemple, une union douanière). La Chambre des communes se montre incapable de représenter les intérêts de la population. En faisant des concessions à Jeremy Corbyn, chef de l’opposition, Mme May détruit la structure traditionnelle des partis. Il est fort possible que monsieur Corbyn, avec sa capacité de compromis, soit perçu comme le sauveur (exécuteur testamentaire) d’un Brexit acceptable, et qu’il ait ainsi la chance de devenir premier ministre en cas de nouvelle élection. La solution pourrait résider dans un accord avec l’UE (EU-Deal) combiné à l’assurance d’une solution intérimaire à moyen terme.

Alors que la politique se regarde le nombril, certaines tendances économiques et technologiques, qui semblaient invraisemblables ou utopiques il y a encore quelques années, sont en train de s’accélérer.

Il est donc tout à fait possible que l’entreprise allemande Volocopter lance son hélicoptère électrique autonome sur le marché dans deux ans. Il y a 5 ans, cela relevait encore de la science- fiction pour presque tout le monde. Les avions électriques court-courriers de Lilium auront encore besoin de 6 ans environ pour atteindre le stade de la maturité commerciale.

La mobilité électrique s’accélère. Les vélos électriques ou scooters électriques font désormais partie de la circulation routière, la Tesla devient un phénomène de masse, la Porsche électrique est épuisée avant le lancement, plus d’un millier de stations de recharge sont déjà installées, batteries et autonomie ne cessent de s’améliorer, le recyclage des batteries est techniquement résolu, et certains jours, le vent fournit quasiment gratuitement de l’énergie excédentaire qui peut être collectée et utilisée pour les batteries. Nous investissons dans ce domaine depuis environ 2 ans et en récoltons progressivement les fruits. Les sceptiques (« D’où viendra l’électricité ? », « Où sont les bornes de recharge ? », « Sans autonomie, pas de vente », « Recyclage non résolu », « Le diesel a encore une longue vie devant lui ») sont de plus en plus silencieux, et l’idée de la mobilité électrique fait progressivement son chemin. La nouvelle technologie a permis de réduire les barrières d’entrée sur le marché et l’industrie automobile allemande perdra sa position dominante face à des nouveaux venus tels que Tesla, Dyson, Polestar, BYD et Geely.

La conduite autonome est le prochain thème à l’ordre du jour. À cet égard, les équipementiers européens sont nettement mieux positionnés que les nouveaux venus pour ce qui est de la technologie des capteurs ainsi que la mise en réseau et la commande des véhicules. Cela fait un moment que le sujet n’a pas fait la une des journaux, mais nous continuons de penser qu’en 2025, tout constructeur automobile devra proposer des voitures autonomes. Il y a 5 niveaux d’autonomie, et il se peut que le niveau 5 (conduite autonome toujours et partout) ne soit pas encore atteint d’ici là. Il est toutefois certain que le niveau 4 (intervention humaine occasionnelle) sera atteint dans les 3 prochaines années.

En résumé : alors que la politique tourne en rond et nuit à l’économie, le développement technologique transforme notre environnement de manière radicale et prévisible. Nous pouvons y prendre part avec nos investissements.

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Marie Ballorain
A propos de Marie Ballorain 20 Articles
Diplômée de l’ESSEC, Marie Ballorain est en charge du développement pour la France, la Belgique, Monaco et le Luxembourg francophone chez Acatis Investment, société de gestion value allemande indépendante créée en 1994.

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