Le pouvoir de négociation – Dr Leber, Acatis

Premier point abordé : les 10 ans du fonds Acatis Gané Value Event et son encours de 2,5 Mds Eur. Second point : les grands de ce monde qui ont tous en commun de vouloir être les “plus forts” avant même de vouloir négocier.

 

Comme tous les mois, voici le billet mensuel du docteur Leber, fondateur d’ACATIS, société de gestion indépendante allemande.

 

  • Tout d’abord un anniversaire !

Le 15 décembre, notre fonds flexible ACATIS GANÉ Value Event a eu 10 ans. Dix années d’une remarquable gestion pour ce fonds qui jusqu’à présent n’a jamais connu une année de performance négative et a surtout montré son extrême résilience dans les années difficiles comme 2011, 2015 et 2018. Un fonds en pur stock et bond picking qui investit dans des actions, des obligations et du cash en fonction des opportunités de marché, sans couverture ni effet de levier. Un process simple, transparent et intelligent qui permet à ce fonds de maintenant plus de 2,5 milliards d’euros sous encours et orienté résolument vers le long terme, de constituer un parfait fonds de portefeuille.

 

  • La rationalité en politique est bonne pour la bourse

Il est intéressant de noter que notre avenir incertain est actuellement davantage déterminé par les gens que par les tendances économiques. L’économie tourne à plein régime, des bulles se forment mais elles ne sont pas encore explosives. Sur l’échiquier politique se tiennent les joueurs suivants par ordre décroissant en termes d’importance :

 

  • Le président américain Donald Trump, dont la guerre commerciale affaiblit l’économie mondiale. Il aggrave encore la situation, par exemple par le biais d’arrestations.
  • Le président chinois Xi Jing-Ping, dont l’économie est menacée à court terme par les actions de Trump, ce qui conduira à long terme à de nouveaux partenariats chinois (Japon et route de la soie) et à une plus grande autodétermination.
  • Le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, qui continuera d’augmenter les taux d’intérêt jusqu’au point où l’économie américaine pourrait en pâtir. Dans le même temps, il réduit le financement par la banque centrale du gigantesque déficit budgétaire américain, ce qui devrait entraîner une hausse des taux d’intérêt.
  • Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, qui maintient essentiellement l’actuelle politique de taux d’intérêt bas et se réjouit de la hausse de l´inflation.
  • Le Premier ministre britannique, Theresa May, qui a négocié avec l’UE un traité défavorable mais toujours viable qui risque d’être torpillé par son propre parti et l’opposition.
  • Le président russe Poutine, qui, de manière hypocrite et infaillible, génère des actes militaires partout où il soupçonne de la faiblesse. C’est une politique très coûteuse, que doit financer son pays économiquement faible.
  • Le président turc Erdogan qui, caractérisé par une totale ignorance technique, poursuit une politique économique catastrophique qui plongera son pays (et donc les banques d’Europe du Sud) dans une crise financière.
  • Les chefs d’État et de gouvernement ébranlés, Emmanuel Macron et Angela Merkel, qui mènent une politique européenne sans direction commune.
  • Divers acteurs amateurs par exemple en Italie.
  • Diverses machiavélistes par exemple en Arabie Saoudite ou en Iran.

 

Toutes les théories politiques et économiques supposent une action rationnelle. En réalité, cependant, certains joueurs de poker sont à l’œuvre et acceptent de sacrifier un pays afin de nuire à un adversaire. Les personnes énumérées ci-dessus ont des objectifs personnels forts qui ne correspondent pas à l’intérêt national ou mondial. Certains connaissent très bien leur position de négociation, d’autres surestiment leurs connaissances factuelles ou leur position. Il faut s’attendre à ce que certains appliquent leur feuille de route de manière excessive et déclenchent ainsi une crise. Il pourrait s’agir d’un Brexit coûteux, d’un conflit militaire en Mer de Chine, d’une crise bancaire induite par la Turquie en France (Italie ?), d’une frappe militaire préventive contre l’Iran, d’un conflit entre l’OTAN et la Russie dans les Etats baltes.

 

Si tous les acteurs adoptent un comportement rationnel, le résultat peut être extrêmement positif. Imaginez un monde sans droits de douane, un lien commercial terrestre fort entre la Chine et l’Europe, un Brexit ordonné, un Moyen Orient stable. La Bourse ne considère pas ce cheminement positif comme réaliste et s’inquiète. Nous abordons l’année 2019 avec un équilibre instable qui peut évoluer tout autant dans le très positif que dans le très négatif.

 

 

 

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Marie Ballorain
A propos Marie Ballorain 17 Articles
Diplômée de l’ESSEC, Marie Ballorain est en charge du développement pour la France, la Belgique, Monaco et le Luxembourg francophone chez Acatis Investment, société de gestion value allemande indépendante créée en 1994.

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