Quelle distorsion entre travail et capital ? – Sophie Piton et Antoine Vatan, CEPII

Le partage entre les facteurs travail et capital n’est pas stable : la part de la valeur ajoutée distribuée aux salariés est en diminution depuis le début des années 80. A cela, plusieurs explications : la technologie, le changement dans la gouvernance des entreprises et la concentration des entreprises. En y regardant de plus près, ces trois explications sont étroitement liées. Le progrès technique contribue à augmenter la part du capital au détriment du travail. Les gains de productivité permis par les investissements riches en nouvelles technologies autorisent une croissance des profits. Ils permettent même d’augmenter les marges opérationnelles des entreprises qui les réalisent. Cette augmentation des marges favorise alors l’augmentation de la rémunération du facteur capital. Cette rémunération prend la forme de dividendes et de rachats d’actions. On connaît l’importance des rachats d’actions, notamment par les entreprises américaines. Mais cet apport de liquidités, via les profits permet également aux dirigeants d’investir dans d’autres formes d’investissements : l’acquisition  de croissance et/ou de parts de marchés via les fusions-acquisitions. Une telle opération d’acquisition va conduire à une nouvelle distribution entre les facteurs travail et capital. Les rapprochements entre entreprises conduisent à des suppressions d’emplois et à des cessions d’actifs industriels pour remplir les conditions de concurrence. Donc, non : le partage entre travail et capital n’est pas stable.

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