EXCLUSIF Deuxième partie « Nous avons testé pour vous… la conférence BNP Paribas Asset Management, le 20/09/18 » – Nathalie Renson, The Daily Finance

« Mifid II et DDA : La révolution n’a pas (encore) eu lieu ». Choses promises, choses dues. Voici la suite de notre partage de la conférence organisée le 20/09, par BNP Paribas AM. A présent, ce sont les rétrocessions, les coûts et les échanges de données qui sont abordés. Sur ces éléments, de nombreuses incertitudes doivent encore être levées avec le régulateur. Vous allez voir, c’est passionnant ! Voici le deuxième volet de notre trilogie, en exclusivité sur The Daily finance.

Vient, à présent, l’épineuse question des rétros. Supprimées ? Pas supprimées ? Des subtilités d’applications ? Des dérogations ? L’interdiction des rétros dans la gestion sous mandat (GSM) hébergée dans un contrat d’assurance-vie n’aura pas lieu. Tant mieux ! Ou pas ! J’explique : comment allez-vous justifier à vos clients que sa gestion sous mandat hébergée dans son PEA n’obéit pas aux mêmes règles de rétrocessions que sa GSM en assurance-vie ? Pas facile en effet. Et la valeur ajoutée du conseil de gestion ? A noter que l’AMF est plus souple que l’Europe sur ce sujet. Elle retient que la justification du conseil peut être retracée par les comptes-rendus de meetings clients.

Que dire de la sulfureuse question des coûts ? Comment les calculer ? Comment les expliquer et les justifier ? Deux méthodologies de calcul des coûts de transactions coexistent : la simple et… l’autre. La méthode simple consiste à appliquer une grille générique, où sont calculés des spreads standardisés pour les coûts de transactions. L’AFG a établi une telle grille. Les résultats, dans ce cas de figure, sont satisfaisants. L’autre méthode consiste à faire la différence entre le prix d’exécution et le prix observé avant la transaction. Comment expliquer les coûts de transactions négatifs ? Sachant, qu’en plus certains s’amusent à provoquer des coûts de transactions négatifs…

Au global, la solution pourrait résider dans une méthode hybride conciliant la méthode simple et l’autre : la méthode simple pour les produits dits complexes et la méthode full PRIIPS pour les produits vanille (simples). A noter que l’EFAMA (European Fund and Asset Management Association) procède à un lobbying pro-actif, pour la mise en place d’une grille standard identique pour tout et pour tous. Son objectif est d’éviter les risques de triches liés au pilotage des coûts de transactions pour qu’ils soient négatifs.

Quelle est l’échéance pour voir la question de la méthodologie des coûts de transactions tranchée ? Pour ce faire, un vote du Parlement Européen est requis. Sachant que… en mai 2019, se tiendront les élections des députés européens, que donc… les députés en question vont être en campagne dès le mois de mars 2019… cela laisserait début 2019, seulement deux mois pour que le Parlement vote cette décision. Peu probable, surtout que la question des coûts de transactions dans l’asset management n’a pas beaucoup d’intérêt pour un passage en priorité. Un vote au cours de la seconde moitié de l’année 2019 semble plus vraisemblable, voire même plus tard.

Enfin, pour ce qui concerne les échanges de données, un format de place pour la normalisation des échanges chaque mois se met en place. Le fichier évolue et donnera lieu à la version EMT 2.0, qui devrait être disponible au cours des prochaines semaines. Certaines erreurs de taille importante ont dû être corrigées « à la main ». C’est comme cela que la gamme Parvest de BNPP AM s’est retrouvée déclarée en FIA par certains providers d’informations… oups, la boulette ! A présent, les contrôles de cohérence sont effectués avant diffusion. Les erreurs sont corrigées par itération et le fichier est stable.

A demain pour le dernier volet pour réfléchir au futur que tout cela nous réserve !

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Nathalie Renson
A propos Nathalie Renson 13 Articles
En tant qu’investisseur sur les marchés financiers, Nathalie Renson est toujours en quête d’informations financières et souhaite les partager. C’est pourquoi elle contribue à The Daily Finance. Analyste equities au début de sa carrière, puis sur les marchés obligataires, Nathalie a ensuite géré plusieurs fonds en multigestion, notamment.

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