EXCLUSIF « Nous avons testé pour vous… la conférence BNP Paribas Asset Management, le 20/09/18 » – Nathalie Renson, The Daily Finance

« Mifid II et DDA : La révolution n’a pas (encore) eu lieu ». Le décor est planté, sans ambiguïté aucune. C’est le sujet de la conférence organisée jeudi 20/09/18 à Paris, par l’asset manager BNPP AM. Ce sujet est suffisamment palpitant pour avoir sollicité notre intérêt immédiat. Tous les types de gestion étaient représentés parmi les auditeurs de cette conférence. En filigrane, le thème de l’adaptation de l’offre de fonds aux besoins et à la réglementation a bien évidement été abordé également. Nous vous dévoilons aujourd’hui le premier volet de trois articles en EXCLUSIVITE sur The Daily Finance.

Cette présentation était effectuée par Vincent Moreau – Directeur du cabinet Headlink Partners, responsable du projet Mifid II / PRIIPS pour BNPP AM, et par Mathieu Omeyer, responsable du projet Mifid II / PRIIPS au sein de BNPP AM.

Quel est l’état des lieux à ce jour ? Alors qu’en début d’année, on aurait pu craindre des blocages complets de certaines transactions, notamment pour les dérivés et les bonds (bref, l’OTC), ces blocages n’ont pas eu lieu. Globalement, il n’y a pas eu de couacs, non plus, dans la distribution des fonds depuis la mise en place de Mifid II. Le régulateur a aussi facilité les choses en apportant 6 mois de flexibilité concernant l’identification par LEI. Certains travaux de place se sont penchés sur le calcul des coûts : l’AFG et d’autres intervenants européens ont voulu faciliter le partage des informations. « So far, so good », tout le monde a, globalement, le même degré d’avancée : ni en retard, ni en avance. On peut alors être tenté de se dire « beaucoup de bruit pour rien ».

Le « meilleur » reste à venir. Il convient de poursuivre l’observation des textes publiés en 2018 et d’anticiper leur évolution future, pour savoir ce qui risque de se produire au cours des prochains mois. Notamment au travers des Q&A de l’ESMA qui ont valeur de règles et doivent être appliqués sans délai. A noter qu’un texte de loi implique généralement une certaine créativité de la part des citoyens souhaitant trouver le moyen de le contourner. On ne peut alors s’empêcher de penser au devenir des rétrocessions, des calculs de coûts et des répercussions sur la communication à destination du client final. C’est là que les bombes à retardement sont à craindre. En effet, début 2019, la première communication au client final sera faite avec la transparence des « coûts et charges ». La grande inconnue est « quelle sera la réaction de la clientèle face à ces divulgations ? » Bonne ou mauvaise ? La révolution pourrait alors avoir lieu en 2019, pour donner suite à ces premiers bilans de gestion au titre de 2018.

Cinq thèmes majeurs concernent la distribution des fonds : la définition du marché cible, les tests d’adéquation, les rétrocessions et parts de fonds, les coûts et charges et les échanges de données.

En termes de marché cible, la tâche est assez aisée pour les fonds UCITS. Si l’on part de l’exemple de BNPP AM, à ce jour, 2200 parts de fonds sont prêtes. Mais, car il y a forcément un « mais », il doit y avoir un retour d’expérience en provenance des vendeurs de fonds concernant la possible déviation du marché cible. Or, aucune normalisation pour cette communication n’est disponible. Le risque pour que chacun crée son propre template pour l’échange de ces données est très fort. Autrement dit, la communication ne sera pas exploitable.

Si l’on s’intéresse aux tests d’adéquation, la séparation qui est faite entre les instruments financiers non complexes, dont font partie les OPCVM non structurés, ne facilite pas la tâche pour la distribution des FIA et des produits structurés. En effet, chaque vendeur doit s’assurer de la parfaite compréhension de son client quant aux FIA ou aux fonds structurés. Et là… c’est le drame ! Je ne parierai pas lourd sur les chances de succès d’un tel vendeur présentant de tels fonds à ses clients. Certains distributeurs, très disciplinés, se sont risqués à établir des tests, à faire passer à la clientèle souhaitant investir dans de tels fonds. Pour reprendre les propos de Vincent Moreau, « Ces tests ressemblent à s’y méprendre à l’examen de la certification AMF. Je vous laisse apprécier le taux de réussite du client final à ce test et son impact positif sur la vente de ce type de produits ». Bref ! Autant envisager d’autres fonds. Cela pose donc la question de l’intérêt des FIA pour le client final. La recommandation qui est d’ailleurs faite par le même Vincent Moreau est la migration sans délai des FIA vers les fonds UCITS. Remarque intéressante s’il en est ! BNPP AM s’y attèle déjà.

Petit conseil en passant à propos des tests d’adéquation : ceux-ci doivent être à jour car ils sont susceptibles d’être contrôlés par le régulateur. Celui-ci peut effectivement demander l’arrêt d’une relation client si ces « suitability tests » manquent au dossier de ce client.

A demain pour les sujets suivants : les rétrocessions, les coûts et les échanges de données !

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Nathalie Renson
A propos Nathalie Renson 13 Articles
En tant qu’investisseur sur les marchés financiers, Nathalie Renson est toujours en quête d’informations financières et souhaite les partager. C’est pourquoi elle contribue à The Daily Finance. Analyste equities au début de sa carrière, puis sur les marchés obligataires, Nathalie a ensuite géré plusieurs fonds en multigestion, notamment.

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