Les institutionnels et le smart beta – Nathalie Renson, The Daily Finance

FTSE Russell vient de publier une étude annuelle concernant la position des investisseurs institutionnels à propos de l’évaluation et de l’incorporation des stratégies smart betas dans leurs portefeuilles. Cette enquête a été réalisée auprès de 185 asset managers répartis à travers le monde, représentant 3500 milliards USD.

Bonne nouvelle pour les gérants smart beta : leurs stratégies sont de plus en plus fréquemment utilisées. Ainsi, en 2015, 26% des institutionnels déclaraient avoir recours à ces stratégies. Ce pourcentage est passé à 48% en 2018. Les Européens occupent le premier rang des investisseurs en smart beta avec 61% des gérants interrogés. Toutefois, les Américains tendent à les rattraper en accroissant sensiblement leur intérêt pour cette classe d’actifs.

La tendance s’annonce d’ailleurs positive pour ces stratégies alternatives. En effet, les deux tiers des gérants déjà investis dans les fonds smart beta envisagent de poursuivre leurs investissements sur ce terrain et sont en cours d’étude d’une stratégie supplémentaire. On est donc au stade où les institutionnels envisagent une diversification au sein de leurs investissements en smart beta. Pour ceux qui ne sont pas encore investis mais qui ont déjà évalué ces stratégies, leur intérêt demeure en raison de nouvelles stratégies telles que les multifactorielles ou le fixed income.

Mais si l’intérêt est indéniablement grandissant sur cette classe d’actifs, les gérants ne parviennent pas réellement à se partager pour le classement des smart beta. Un tiers les rangent parmi les stratégies de gestion active, un tiers parmi les gestions passives et un tiers comme « étant distinctes ». Mais alors à quoi servent ces stratégies si vous n’êtes pas capables de les « ranger » ?

A la question « quelles sont les objectifs que vous recherchez en investissant dans les stratégies smart beta ? », les réponses les plus fréquentes sont l’amélioration des rendements, la réduction du risque global des investissements et la diversification. Ces trois facteurs sont toujours identiques depuis la publication de la première édition de cette étude en 2015, même si l’ordre de priorité a parfois changé selon les années. A noter qu’en 2018, l’amélioration du rendement est repassée devant le facteur réduction du risque.

Les investisseurs institutionnels détiennent ensuite les fonds smart beta pour des allocations dites stratégiques ou encore pour le long terme. On peut toujours se poser la question de savoir à quoi correspond un investissement de long terme… Un tiers des institutionnels déclarent détenir ces fonds pour des raisons mixant le long terme et le tactique. Pour les investissements de long terme, la préférence des institutionnels se porte sur les fonds externes dans 46% des cas. 33% des institutionnels gèrent eux-mêmes leurs positions en smart beta. Enfin, lors des investissements tactiques (court terme), ce sont les ETF qui remportent les suffrages avec 51%.

Une des subdivisions du smart beta qui attire notre attention est le « fixed income ». 9% des institutionnels détiennent des stratégies de ce type en 2018, contre 7% en 2017. Donc, l’emprise du fixed income est encore très éloignée de celle des actions. Et la progression est assez lente. L’absence d’intérêt pour ce style de smart beta est justifiée par les investisseurs par un gisement trop faible de produits notamment, mais aussi parce que les consultants ne leur ont pas recommandé.

Enfin, les institutionnels en 2018 sont moins nombreux à vouloir accroître leur position en smart beta : 60% contre 69% en 2017. Ils sont, en revanche, plus nombreux à maintenir cette position au sein de leurs allocations : 32% en 2018 contre 25% l’an passé.

 

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Nathalie Renson
A propos Nathalie Renson 18 Articles
En tant qu’investisseur sur les marchés financiers, Nathalie Renson est toujours en quête d’informations financières et souhaite les partager. C’est pourquoi elle contribue à The Daily Finance. Analyste equities au début de sa carrière, puis sur les marchés obligataires, Nathalie a ensuite géré plusieurs fonds en multigestion, notamment.

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